François Hollande répond au collectif Banques et territoires

collectif de l’économie sociale et solidaire
lundi 14 mai 2012
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27 avril 2012

Le 24 avril, le collectif ’Banques et territoires’ a fait parvenir aux deux candidats à la présidence quatre questions. François Hollande a répondu hier soir, par un courrier adressé à Claude Alphandéry, Président du Labo de l’ESS. Voici le texte de ce courrier.

Le 26 avril 2012

Cher Président,

Vous avez raison de marquer les difficultés de développement du tissu économique dans les quartiers populaires, les zones péri-urbaines et dans certaines zones rurales. Des territoires demeurent en friche alors même qu’ils concentrent jeunesse, énergie et capacité d’innovation.

Or, les institutions financières de l’Économie Sociale et Solidaire, au premier rang desquelles les banques coopératives, fortes de leur organisation le plus souvent régionalisée, ont une grande proximité avec leurs usagers, et donc leurs sociétaires, dont elles connaissent bien les attentes et projets. Je souhaite que cette proximité, qui constitue un atout pour soutenir le développement des territoires, soit étendue à l’ensemble des familles de banques.

Je réponds donc favorablement aux questions que vous posez, en particulier :

  • Concernant l’accessibilité aux produits et services bancaires, il me paraît nécessaire de mesurer exactement l’ampleur et les effets déplorables de l’exclusion d’une partie de la population. La Banque de France est en mesure de réunir les données relatives à cette situation,
  • L’ensemble des banques, toutes familles confondues, doivent adopter des pratiques non discriminatoires à l’égard notamment des TPE et des jeunes entrepreneurs qui vivent et travaillent sur le territoire ou s’exerce leur activité ; particulièrement, si celui-ci est considéré comme « fragile ».
  • Il est légitime que les responsables de la régulation bancaire mettent en place un système d’information et d’évaluation régulières, veillent à la transparence et donnent à la société civile les moyens de la faire respecter. Je suis favorable à ce que serait un « pacte » entre l’État, les collectivités territoriales et les banques, traditionnelles comme coopératives, pour que soient rendus publics les taux de réemploi des dépôts dans chaque territoire. Cette transparence consentie pourrait, en effet, inciter à une meilleure irrigation des flux financiers vers les projets locaux. En outre, vous avez souligné, comme d’ailleurs, les Chambres Régionales de l’Économie Sociale - CRESS, l’intérêt de ’pôles territoriaux de coopération économique’qui peuvent réunir des collectivités locales, des entrepreneurs de l’Économie sociale et solidaire et d’autres acteurs encore. Comme je l’ai déjà indiqué, je propose que dans le cadre de la préparation de ce que sera la nouvelle loi de décentralisation, les instances de l’Économie Sociale et Solidaire, en particulier le Conseil National des CRESS, soient consultées à ce sujet.

Vous m’interpellez enfin sur l’Insertion par l’Activité Économique. Je ne peux que rejoindre vos préoccupations, comme je l’ai fait devant le Ceges le 2 mars dernier, en demandant au responsable du Pôle ESS de ma campagne, Thierry Jeantet, de signer le pacte de l’insertion du CNEI. J’ai donc pris des engagements à cet égard.

Cordialement,

François Hollande